InSitu n°46 – Peut-on nourrir une métropole à partir de son propre territoire ?

L’agriculture urbaine à Strasbourg soulève une question centrale : le territoire peut-il nourrir durablement ses habitants ?

En croisant données de consommation, surfaces agricoles disponibles et régimes alimentaires, l’étude met en lumière l’écart entre ce que le territoire produit aujourd’hui et les besoins alimentaires de ses habitants. Elle montre notamment jusqu’où il faudrait aller pour nourrir Strasbourg selon différents scénarios, du régime carné au régime végétarien.

L’article explore également un angle souvent invisible dans les statistiques : l’autoproduction alimentaire. Jardins familiaux, partagés et potagers privés constituent un potentiel nourricier réel, encore largement sous-estimé. Grâce au projet de recherche participative Recolte, des citoyens-jardiniers contribuent à documenter ces productions et à enrichir la connaissance du système alimentaire local.

Entre enjeux de relocalisation, souveraineté alimentaire et transition écologique, cet article apporte des clés concrètes pour penser l’alimentation à l’échelle territoriale et collective.

Article complet et auteurs

Pour télécharger l’article complet : InSitu n°46 – Mieux connaître le système agricole territorial
de l’Eurométropole de Strasbourg : simulation et comptabilité citoyenne

Découvrez le groupe Alimentation et déchets

Sandrine Glatron, LINCS, UMR 7069 CNRS / Université de Strasbourg (sandrine.glatron@misha.fr)
Isabelle Charpentier, ICUBE, UMR 7357 CNRS / Université de Strasbourg (icharpentier@unistra.fr)

ZAEU Strasbourg : 10 ans d’observation pour penser la ville autrement

Depuis 2011, la Zone Atelier Environnementale Urbaine (ZAEU) explore les interactions entre les activités humaines et les écosystèmes urbains.
Membre du Réseau des Zones Ateliers du CNRS et du réseau européen eLTER, la ZAEU fait de Strasbourg un véritable laboratoire à ciel ouvert pour mieux comprendre les défis de la durabilité urbaine.

Son objectif : renforcer la place de la nature en ville, améliorer la qualité de l’air, de l’eau et des sols, et inventer des modes de vie plus durables.

Des recherches ancrées dans le territoire

Les travaux de la ZAEU ne se limitent pas aux laboratoires. Ils se déploient sur le terrain, dans toute l’Eurométropole de Strasbourg :

  • Restauration des milieux aquatiques sur l’île du Rohrschollen,
  • Solutions fondées sur la nature pour dépolluer les eaux de ruissellement à Ostwald,
  • Études sur la biodiversité urbaine et la cohabitation entre humains et espèces animales,
  • Observation du climat urbain et des effets de la pollution de l’air,
  • Réflexions sur l’agriculture urbaine et la gestion des déchets.

Chaque projet s’appuie sur une collaboration étroite entre scientifiques, collectivités et citoyens.

Dix ans de transitions et de dialogues

Le hors-série In Situ revient sur une décennie d’expérimentations, de coopérations et d’innovations.
On y découvre comment la recherche a contribué à façonner une vision intégrée de la durabilité urbaine, où écologie, société et économie se rencontrent.

Ces dix années confirment la ZAEU comme un acteur clé des transitions écologiques, un espace de recherche, de dialogue et de propositions concrètes pour les villes de demain.

Article complet et auteurs

Pour télécharger l’article complet : InSitu Hors série – L’Eurométropole : un terrain d’inspiration

Nadège Blond, LIVE UMR 7362 CNRS / Université de Strasbourg (nadege.blond@live-cnrs.unistra.fr)
Isabelle Charpentier, ICUBE UMR 7357 CNRS / Université de Strasbourg (icharpentier@unistra.fr)
Christophe Enaux, LIVE UMR 7362 CNRS / Université de Strasbourg (christophe.enaux@live-cnrs.unistra.fr)
Sandrine Glatron, LinCS UMR 7069 CNRS / Université de Strasbourg (sandrine.glatron@misha.fr)
Adine Hector, Ville et Eurométropole de Strasbourg (adine.hector@strasbourg.eu)
Cécilia Jagou, Ville et Eurométropole de Strasbourg (cecilia.jagou@strasbourg.eu)
Sandrine Knobé, E3S UR 1342 Université de Strasbourg (knobe@unistra.fr)
Audrey Muratet, LIVE UMR 7362 CNRS/ Université de Strasbourg (audrey.muratet@live-cnrs.unistra.fr)
Anne Puissant, LIVE UMR 7362 CNRS / Université de Strasbourg (anne.puissant@live-cnrs.unistra.fr)
Adrien Wanko, ICUBE UMR 7357 CNRS / Université de Strasbourg / ENGEES (wanko@unistra.fr)

Ecole d’été EUCOR

Depuis la rentrée, la ZAEU accueille une nouvelle doctorante, Lucie DUBOIS, qui réalise une thèse sur l’analyse des expérimentations de reprise en main du système alimentaire dans le Rhin supérieur et œuvrera donc au sein du groupe « Alimentation – déchets ». Entre le 24 et le 29 septembre, cette dernière a participé à une école d’été organisée par EUCOR, le campus européen, qui réunissait une quinzaine d’étudiant·es des 5 universités du Rhin Supérieur (Strasbourg, Haute-Alsace, Karlsruher Institut für Technologie, Freiburg, Bâle).

La semaine était consacrée à la découverte et à la mise en pratique de la transdisciplinarité, entendue comme une manière de produire des savoirs « robustes socialement » (NOWOTNY 1999), c’est-à-dire issus de plusieurs disciplines académiques, mais également de la société civile. Une grande partie de la semaine a ainsi été dédiée à la transmission de contenu théorique et pratique sur cette manière de produire des savoirs. Dans cette approche, une place très importante est apportée à l’implication d’acteurices varié·es le plus tôt possible dans le processus, ainsi qu’à la réflexivité et à l’adaptativité. Une attention particulière est portée au bon déroulement du processus, dans l’idée qu’une expérience d’interactions de qualité entre différent·es acteurices est aussi importante que les résultats desdites interactions, et permet de générer des changements plus profonds et solides/résilients – même si potentiellement plus longs à mettre en place.

L’apport de contenu théorique s’est traduit de manière concrète pendant la semaine avec une coopération directe avec la ville d’Emmendingen, une commune de taille moyenne au nord de Freiburg, afin de réfléchir à des mesures que cette dernière pouvait mettre en place pour faire face au changement climatique.  Quatre groupes thématiques d’étudiant·es issu·es de parcours variés ont ainsi travaillé en collaboration avec des agent·es de la municipalité sur des sujets tels que la protection des habitant·es face aux vagues de chaleur et aux intempéries violentes de plus en plus nombreuses ; ou encore la gestion des conflits d’usage liés au développement des énergies renouvelables, à l’occupation des sols, etc. Cette rencontre entre sphère universitaire et sphère de l’action publique, bien que relativement courte, a permis de confronter les réalités de chacun·e. Tandis que les élu·es avaient formulé des questions ancrées dans la gestion quotidienne de la cité, les étudiant·es ont pu présenter des idées (implication d’acteurices de la société civile, mise en place de dispositifs artistiques, encouragement de la solidarité intergénérationnelle, …) qui ouvraient des champs encore inexplorés par les services municipaux. Pour les étudiant·es, la rencontre avec le terrain a été l’occasion de mesurer les temporalités (accélération de la crise climatique, et mandature électorale courte) et les moyens limités (en ressources financières, humaines et scientifiques) dont disposaient la collectivité pour agir sur les enjeux environnementaux. La semaine s’étant déroulée de manière particulièrement chaleureuse, les participant·es (personnel Eucor, étudiant·es et employé·es d’Emmendingen) se sont quitté·es en prévoyant de se tenir informé·es de leurs prochaines activités, ce qui présage donc de collaborations transdisciplinaires et transnationales futures sur les questions de soutenabilité dans le Rhin supérieur.

Les participants partagent leurs retours dans cette video.

InSitu n° 32 – Composter : une solution universelle pour gérer les déchets organiques ?

Pour atteindre l’objectif de son plan Climat (EMS, 2021 et 2022) de réduire de 50% le tonnage des déchets ménagers d’ici 2030 (par rapport à 2010) l’Eurométropole de Strasbourg programme une infrastructure d’envergure. Après quelques expériences locales dans plusieurs quartiers et communes (par exemple en centre-ville : voir InSitu n°12), la collecte des biodéchets qui a été mise en application dès 2022 dans les communes de moins de 10 000 habitants, se déploiera progressivement dans différentes communes et quartiers. Il s’agit, en équipant les communes de poubelle de tri accueillant les déchets organiques, de limiter le contenu des poubelles bleues qui accueillent actuellement tous les déchets non triés.

Dans le contexte de la consommation de masse qui génère une quantité croissante de déchets, recycler paraît totalement nécessaire d’autant plus que 44% des déchets ménagers sont issus de l’alimentation et des jardins/parcs. Composter apparaît comme une solution universelle pour gérer les déchets organiques.

Qu’en est-il au niveau local ? Comment les incitations à composter sont-elles reçues par les citadins et lesquels appliquent ces injonctions ?

Cette étude réalisée pendant le confinement en 2020 tente de répondre à cette question malgré des conditions difficiles.

Article complet et auteurs

Pour télécharger l’article complet : InSitu n°32 – Composter : une solution universelle

Découvrez le groupe Alimentation et déchets

Clothilde Juneaux-Harout, Master 2 en psychologie environnementale/ Université de Nîimes
(clothilde.jumeaux@gmail.com)
Sandrine Glatron, LINCS UMR CNRS 7069 / Université de Strasbourg (sandrine.glatron@unistra.fr)

InSitu n°19 – Les freins au développement de l’agriculture biologique dans l’Eurométropole de Strasbourg

Le secteur de l’agriculture biologique (AB) dans l’Eurométropole a connu un développement important au cours des 10 dernières années. Toutefois, son développement est inférieur à la moyenne nationale ou à celui de l’Allemagne. C’est pourquoi, dans cet article, nous avançons 4 freins au développement de l’agriculture biologique dans l’EMS.

Extrait de l’article

Actuellement, 200 exploitations sont présentes dans l’EMS. Ces terres agricoles représentent plus d’un tiers de la surface totale de l’EMS. La culture de céréales recouvre la majeure partie de ces terres (environ les trois quarts).
Depuis 2010, les surfaces cultivées en agriculture biologiques ont quintuplé : le nombre d’exploitations bio dans l’EMS est passé de 7 à 19. Ce développement de la filière biologique est en partie dû aux actions menées conjointement par la ville de Strasbourg, l’EMS, la chambre d’agriculture Alsace et l’Organisation Professionnelle de l’Agriculture Biologique en Alsace.

Malgré les efforts de déployés dans l’Eurométropole de Strasbourg, le bio représente seulement 2,1% de la surface agricole utile (SAU) en 2020. C’est un niveau plus faible qu’à l’échelle nationale (8,5%). De la même façon, en Outre-Rhin, l’AB est implantée dans le Bade-Württemberg de manière beaucoup plus importante (14% des SAU, 23,5% des exploitants).

Pour télécharger l’article complet : in Situ n°19 – Les Freins au développement de l’agriculture biologique

Bibliographie

Phu Nguyen-Van : économiste, Directeur de recherche CNRS, EconomiX, CNRS & Université Paris Nanterre
Anne Stenger : économiste, Directrice de recherche INRAE, BETA, Université de Strasbourg
Emilien Veron : Doctorant, CNRS, INRAE, BETA, Université de Strasbourg