InSitu n°44 – Des polluants organiques dans l’air de l’Eurométropole de Strasbourg ? Quelques pistes

Et si ce que nous respirons en ville était plus complexe qu’il n’y paraît ?

À Strasbourg, cette question n’est plus seulement une inquiétude diffuse : c’est un véritable sujet d’étude scientifique. Pendant un an, une équipe de chercheurs a surveillé silencieusement l’air de l’Eurométropole… et leurs conclusions pourraient bien changer notre façon de voir ce que nous respirons au quotidien.

Nous parlons souvent des NOx, des PM10 ou de l’ozone. Mais l’air urbain recèle d’autres molécules, moins connues du grand public : HAP, PCBs, pesticides organochlorés…
Des polluants organiques discrets, parfois très persistants, que l’on ne mesure pas toujours et dont l’origine est aussi variée que nos activités : chauffage, trafic, zones industrielles, biomasse.

Pour les étudier, une méthode originale a été mise en place :
des capteurs passifs installés dans quatre écoles de l’Eurométropole, exposés tous les 14 jours, capables d’absorber silencieusement les molécules en suspension.
Un dispositif à la fois simple, économique et non-intrusif, mais incroyablement révélateur.

Pourquoi cette étude nous concerne tous

Parce que ces polluants, même présents à faibles concentrations, peuvent :

  • voyager loin et longtemps dans l’atmosphère,
  • provenir de multiples sources du quotidien (chauffage, trafic…),
  • impacter la qualité de l’air près de zones habitées,
  • varier fortement selon les saisons.

Cette première cartographie fine de la pollution organique dans l’air urbain offre une base solide pour comprendre, anticiper, et mieux cibler les futures actions de surveillance.

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Découvrez le groupe Energies, pollution de l’air, climat

Maurice Millet, Institut de Chimie et Procédés pour l’Energie l’Environnement et la Santé ICPEES, UMR 7515 CNRS / Université de Strasbourg (mmillet@unistra.fr)

Maylis Dijoux, Master 2 Sciences analytiques Université de Strasbourg (mdijoux@unistra.fr)

ZAEU Strasbourg : 10 ans d’observation pour penser la ville autrement

Depuis 2011, la Zone Atelier Environnementale Urbaine (ZAEU) explore les interactions entre les activités humaines et les écosystèmes urbains.
Membre du Réseau des Zones Ateliers du CNRS et du réseau européen eLTER, la ZAEU fait de Strasbourg un véritable laboratoire à ciel ouvert pour mieux comprendre les défis de la durabilité urbaine.

Son objectif : renforcer la place de la nature en ville, améliorer la qualité de l’air, de l’eau et des sols, et inventer des modes de vie plus durables.

Des recherches ancrées dans le territoire

Les travaux de la ZAEU ne se limitent pas aux laboratoires. Ils se déploient sur le terrain, dans toute l’Eurométropole de Strasbourg :

  • Restauration des milieux aquatiques sur l’île du Rohrschollen,
  • Solutions fondées sur la nature pour dépolluer les eaux de ruissellement à Ostwald,
  • Études sur la biodiversité urbaine et la cohabitation entre humains et espèces animales,
  • Observation du climat urbain et des effets de la pollution de l’air,
  • Réflexions sur l’agriculture urbaine et la gestion des déchets.

Chaque projet s’appuie sur une collaboration étroite entre scientifiques, collectivités et citoyens.

Dix ans de transitions et de dialogues

Le hors-série In Situ revient sur une décennie d’expérimentations, de coopérations et d’innovations.
On y découvre comment la recherche a contribué à façonner une vision intégrée de la durabilité urbaine, où écologie, société et économie se rencontrent.

Ces dix années confirment la ZAEU comme un acteur clé des transitions écologiques, un espace de recherche, de dialogue et de propositions concrètes pour les villes de demain.

Article complet et auteurs

Pour télécharger l’article complet : InSitu Hors série – L’Eurométropole : un terrain d’inspiration

Nadège Blond, LIVE UMR 7362 CNRS / Université de Strasbourg (nadege.blond@live-cnrs.unistra.fr)
Isabelle Charpentier, ICUBE UMR 7357 CNRS / Université de Strasbourg (icharpentier@unistra.fr)
Christophe Enaux, LIVE UMR 7362 CNRS / Université de Strasbourg (christophe.enaux@live-cnrs.unistra.fr)
Sandrine Glatron, LinCS UMR 7069 CNRS / Université de Strasbourg (sandrine.glatron@misha.fr)
Adine Hector, Ville et Eurométropole de Strasbourg (adine.hector@strasbourg.eu)
Cécilia Jagou, Ville et Eurométropole de Strasbourg (cecilia.jagou@strasbourg.eu)
Sandrine Knobé, E3S UR 1342 Université de Strasbourg (knobe@unistra.fr)
Audrey Muratet, LIVE UMR 7362 CNRS/ Université de Strasbourg (audrey.muratet@live-cnrs.unistra.fr)
Anne Puissant, LIVE UMR 7362 CNRS / Université de Strasbourg (anne.puissant@live-cnrs.unistra.fr)
Adrien Wanko, ICUBE UMR 7357 CNRS / Université de Strasbourg / ENGEES (wanko@unistra.fr)

InSitu n°25 – Suivi et prédiction de la qualité de l’air intérieur

Nous passons environ 90 % de notre temps dans des environnements intérieurs (à la maison, dans les
transports, au travail, dans les lieux de loisirs et de commerces). Nous y sommes exposés à une grande
diversité de polluants nocifs pour notre santé : composés organiques volatiles (COVs) ou semi-volatiles
(COSVs), composés inorganiques (oxyde d’azote, etc.), aérosols, etc. L’air est ainsi parfois plus pollué à l’intérieur qu’à l’extérieur. Seulement, des variations dans l’occupation du bâtiment, des changements d’activités au sein et autour du bâtiment font fortement varier la qualité de l’air intérieur. Ainsi, effectuer le suivi et la prédiction de la qualité de l’air intérieur sur une multitude de polluants et dans un contexte fluctuant est encore un défi.

La méthodologie MS-MIAQ (Measure-Modelling for Monitoring Indoor Air Quality) développée dans le cadre de la thèse de Dr. Corentin Berger a été appliquée dans le projet MIAQ pour capturer les grandes variabilités temporelles de la qualité de l’air intérieur.

L’enjeu est d’être en mesure d’anticiper les changements éventuels dans le fonctionnement du bâtiment pour mieux prévoir sa qualité de l’air intérieur. A termes, c’est aussi de trouver les solutions pour limiter l’exposition des occupants.

L’étude peut être résumée de la manière suivante :

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Pour télécharger l’article complet : InSitu 25 – Suivi et prédiction de la qualité de l’air intérieur

Découvrez le groupe Energie, Pollution de l’air, Climat

Nadège Blond, Chercheur CNRS, Laboratoire Image Ville Environnement – LIVE
(nadege.blond@live-cnrs.unistra.fr)
Corentin Berger, Doctorant, Laboratoire Image Ville Environnement – LIVE
(corentin.berger@live-cnrs.unistra.fr
Jean-Luc Ponche, Enseignant-Chercheur UNISTRA, Laboratoire Image Ville Environnement – LIVE
(ponche@unistra.fr)
Didier Hauglustaine, Directeur CNRS, Laboratoire des Sciences du Climat et Environnement
(didier.hauglustaine@lsce.ipsl.fr)
Alice Micolier, Chargée de projet scientifique à Octopus Lab (alice@octopuslab.fr)
Maxence Mendez, Président et fondateur d’Octopus Lab (maxence@octopuslab.fr)

InSitu n°18 – Les représentations sociales de la pollution de l’air à Strasbourg

Les populations urbaines sont toujours exposées à des niveaux de pollution dangereux pour leur santé. Et ce, malgré une tendance, dans les pays industrialisés, à la réduction des émissions de polluants dans l’atmosphère. Dans ce contexte, outre les recherches portant sur les phénomènes physiques, la ZAEU s’est engagée
depuis plusieurs années à étudier les « représentations sociales » des risques et particulièrement les représentations sociales de la pollution de l’air. En effet, la manière dont la lutte contre les pollutions et le réchauffement climatique s’organise est corrélée aux représentations qu’en ont les acteurs sociaux. Ces dernières déterminent aussi grandement les politiques et leur acceptation par la société.

L’hypothèse à l’origine de notre enquête est que les représentations sociales de la pollution de l’air et des risques encourus peut fortement influencer les modes de vie. En outre la compréhension des facteurs influençant ces représentations peut aider à mieux définir des stratégies de réduction de la pollution de l’air.
Les résultats que nous présentons ici s’appuient sur diverses enquêtes par des chercheurs de l’Université de Strasbourg.

Pour télécharger l’article complet : N18 Pollution de l’air 

Référence bibliographique :

Blond N., Cristancho N. & Glatron S. (2021) « Les Strasbourgeois face à la pollution de l’air ».
En collaboration avec le service « Gestion prévention des risques environnementaux » de l’EMS :
Laurent SIRY, Lucile CELLIE

InSitu n°15 – Climat urbain et besoins en chauffage des bâtiments

Climat urbain et besoins en chauffage des bâtiments

N15_climat urbain PDF

L’énergie consommée en milieu urbain l’est essentiellement dans les secteurs du bâtiment (résidentiel/tertiaire) et des transports (respectivement environ 40% et 30% de la part totale). L’utilisation d’énergie dans les bâtiments concerne principalement la régulation thermique* : 75 % de l’énergie servent au chauffage et à la climatisation. Cette activité est responsable d’environ 25 % du total des émissions de CO2 (contre 28 % pour les transports). L’évaluation des besoins en énergie des bâtiments est un enjeu majeur des planifications territoriales et des politiques de transition énergétique pour suivre aussi bien la trajectoire des reductions des consommations/besoins en énergie et des émissions de polluants, que pour aider au dimensionnement de nouvelles infrastructures de productions d’énergies renouvelables.

Référence bibliographique :
Blond N., Kohler M. & A. Clappier (2021) « Climat urbain et besoins en chauffage des bâtiments », In Situ, n °15.