SOLenVillE Strasbourg

Programme de sciences participatives sur la biodiversité des sols urbains

Le sens de notre action
SOLenVillE vise à mieux connaître la qualité biologique des sols en formant et accompagnant des citoyens dans la mise en œuvre de relevés et d’identification de la macrofaune des sols suivant une démarche scientifique participative.
Le programme cherche à coordonner et étendre l’utilisation de l’outil « Jardibiodiv » sur lequel il s’appuie, pour contribuer à une collecte de données robustes sur la richesse faunistique des sols. Ce faisant, il vise à populariser ce segment de la biodiversité, souvent ignoré et pourtant essentiel à la vie sur terre et à sensibiliser sur son importance ainsi que sur les actions à mener pour en améliorer la richesse (ou en limiter la détérioration).
La ville, parce qu’il s’agit d’un milieu très minéralisé, est le terrain privilégié pour notre action.
– Elle concentre les populations humaines donc permettra d’atteindre de nombreuses personnes,
– En matière de biodiversité, elle peut être considérée comme un espace de conservation (au regard d’espaces agricoles qui tendent à détruire les habitats),
– Bien que peu visibles et peu considérés, les sols urbains offrent une opportunité très accessible de reconnexion avec la nature d’ailleurs valorisée par les collectivités locales et divers acteurs gestionnaires des espaces urbains (l’université de Strasbourg étant l’un d’eux).

Cette photographie ainsi que toutes les photographies suivantes sont créditées ©Franck-Neumann, 2021

Comment s’engager concrètement dans SOLenVillE ?
Rien de plus facile… Pour cela vous pouvez collecter et identifier la petite faune du sol de votre jardin (ou d’ailleurs) grâce à l’application « Jardibiodiv » (voir plus bas).
Des temps d’ateliers / formations collectifs pour découvrir et s’approprier cet outil sont organisés régulièrement tout au long de l’année dans le cadre de SOLenVillE pour aider tous les volontaires à se lancer. L’analyse et l’interprétation des résultats peuvent également être effectuées en groupe, en présence de chercheurs et personnes ressources.
Contactez-nous pour en savoir plus et vous inscrire.

Les conférences « Déconfinons les sols »
Nous proposons également tout au long de l’année de multiples événements autour de la thématique des sols et de la vie des sols. Le plus emblématique étant le cycle de conférences « Déconfinons les sols » qui propose chaque mois de découvrir cet univers sous des angles multiples et variés grâce à l’appui et au partenariat de nombreux chercheurs et enseignants issus de l’Université de Strasbourg (et de nombreuses autres). La grille de lecture des socio-éco-systèmes propre à la ZAEU permet d’appréhender cette question sous l’angle complémentaire des sciences humaines et des sciences expérimentales, entre vulgarisation scientifique et approche pragmatique et technique dans un cadre de développement durable. Ces conférences sont gratuites et ouvertes à tous.
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Nous contacter
Pour participer au programme de sciences participatives sur la biodiversité des sols urbains SOLenVillE Strasbourg et/ou être tenu informé des nombreux événements, conférences et formations programmés, faites-vous connaitre auprès de contact.solenville@gmail.com ou suivez-nous sur www.facebook.com/solenville.
Nous diffusons également une newsletter mensuelle avec tous ces éléments. N’hésitez pas à nous demander de vous y inscrire.
Pour plus d’informations sur le programme des événements, vous pouvez aussi visiter notre page manifestations scientifiques.
Vous pouvez enfin suivre le chemin parcouru depuis le début de la démarche et retrouver nombre d’informations et ressources par le biais de la plate-forme collaborative Oscahr (Osons les sciences dans la culture, les arts et l’histoire), mise en ligne par le Jardin des sciences de l’Université de Strasbourg.

Jardibiodiv, l’outil participatif support du programme…
Tout est parti d’une simple question : Nos sols urbains, sont-ils vivants eux aussi ?
L’artificialisation des milieux, liée à l’urbanisation des sols, induit des défis environnementaux auxquels les aires urbaines tentent de répondre. Par exemple, les villes accordent une importance croissante à la création d’espaces verts : parcs publics, jardins privatifs et partagés, arbres d’alignement ou toitures végétalisées. Des espaces de vie qui constituent, pour bon nombre d’organismes, des habitats idéaux.
Compte tenu de la variété d’usages des terrains en milieu urbain, les sols subissent des modifications plus ou moins profondes : imperméabilisation, tassement après le passage de machines, pollution… Les conséquences de ces multiples pressions sur la survie des organismes qui y vivent demeurent peu connues.

Un outil de partage sur la vie des sols urbains
C’est dans ce contexte que l’outil numérique et participatif Jardibiodiv a été créé à l’été 2017 grâce aux recherches conduites sur l’écologie et la biologie des invertébrés des sols par Apolline Auclerc au sein du Laboratoire sols et environnement (ENSAIA de Nancy).
Les sciences participatives, qui établissent des collaborations durables entre la communauté scientifique et la société civile, offrent une approche particulièrement pertinente en milieu urbain.
Outil ludique, Jardibiodiv permet à tout citadin de découvrir les organismes présents dans les sols urbains et leurs rôles. En introduisant un récipient (Ecocup, pot de confiture vide…)  – « pot piège » – dans le sol de son jardin et en y ajoutant du vinaigre blanc, on peut capturer les organismes présents dans le sol (actifs principalement au printemps et en automne). Pour étalonner la récolte et permettre ainsi des comparaisons de richesse et de biodiversité d’un espace à l’autre, une même durée de piégeage doit être respectée : conventionnellement, elle est de 7 jours.


L’utilisateur de Jardibiodiv compte et associe un nom à chaque organisme récolté, grâce à une aide en ligne simple, sous forme d’images et de clés de détermination. Il les partage ensuite via le site Internet, ce qui aide les chercheurs dans leurs travaux. Depuis l’été 2020, ce portail existe aussi sous la forme d’une application pour smartphone.

Une adaptation plus « éthique » de la méthode, sans utilisation du vinaigre qui tue les bêtes capturées, a été mise au point : par dépôt d’un coton humidifié au fond du verre, elle permet de conserver les organismes vivants tout en récoltant de la même manière des données utilisables par les scientifiques.

La construction d’une base de données

Les connaissances produites dans le cadre de ces recherches citoyennes permettent notamment de créer des bases de données, encore trop rares aujourd’hui : il s’agit par exemple d’établir des seuils d’abondance (pour répondre à la question « Ai-je beaucoup ou peu d’invertébrés dans mon sol, par rapport à la moyenne, pour lui permettre un fonctionnement durable ? »), ou encore des atlas de biodiversité communale.

La constitution de tels référentiels pourra permettre, par exemple, d’intégrer la trame « brune » (réseau formé de continuités écologiques entre les sols) dans les stratégies du développement urbain, en prenant en compte des corridors pédologiques, c’est-à-dire les liaisons entre des habitats importants pour les organismes du sol.

Coordinateurs du projet SOLenVillE

Sandrine GLATRON
Directrice de recherche au CNRS, Zone atelier environnementale urbaine (ZAEU)

Florian FRANCK-NEUMANN
Animateur et coordinateur du programme SOLenVillE
contact.solenville@gmail.com

Parutions récentes

  • Aliss Science société (2017) Prendre la société de la connaissance au sérieux, Livre blanc. 78 p. Disponible en accès libre ici
  • Auclerc, A. (2021) Découvrir les invertébrés vivants à la surface du sol, Quae Edition, coll. « Les mémos de Quae », 51 p.
  • Auclerc A., Blanchart A., Vincent Q. (2019) « Jardibiodiv, un outil de sciences participatives sur la biodiversité des sols urbains ». Etude et gestion des sols, 26, pp. 195-210.
  • Charvolin F. (2013) « Pense-bêtes, astuces et recettes de jardiniers-observateurs de papillons. Retour sur une science citoyenne ». Revue d’anthropologie des connaissances 2013/2 (Vol. 7, n° 2), p.485-500
  • Guiheneuf P-Y. (2012) La propriété des données dans les programmes de science participative : état des lieux des pratiques de droit. Dial Ter, 10 p. Disponible en accès libre ici
  • Houllier F. (2016) Les sciences participatives en France. Etat des lieux, bonnes pratiques et recommandations. Rapport de la Mission Sciences participatives. 122p.
  • Levin, M.J., Kim, K.H., Morel, J.L., Burghardt, W., Charzynski, P., Shaw, R.K. (2017) Soils within Cities. Global approaches to their sustainable management: composition, properties, and functions of soils of the urban environment. Schweizerbart, Stuttgart, Germany.
  • Meulemans, G. (2020a) « Urban Pedogeneses: The Making of City Soils from Hard Surfacing to the Urban Soil Sciences ». Environmental Humanities 12 (1).
  • Meulemans, G. (2020b) « Reclaiming freak soils: From conquering to journeying with urban soils ». In Salazar, J.F., Granjou, C., Krzywoszynska, A., Kearnes M. and Tironi M. (eds.),  Thinking with Soils: Material Politics and Social Theory, Bloomsbury, London, UK : 157-174.
  • Meulemans, G. & Granjou C. (dir.) (2020) « Les sols, nouvelle frontière pour les savoirs et les politiques de l’environnement ». Revue d’anthropologie des connaissances, 14-4, dossier thématique.