InSitu n°48 – L’intelligence artificielle peut-elle mieux suivre les déchets en rivière ?

Les déchets transportés par les cours d’eau constituent une source importante de pollution des milieux aquatiques et marins. Pourtant, mesurer les flux de déchets en rivière reste complexe : les observations de terrain sont ponctuelles, souvent réalisées de jour, alors que le transport des déchets varie fortement dans le temps.

Comment, dès lors, observer ces flux de manière plus régulière et mieux comprendre leur dynamique ?

Des caméras et de l’intelligence artificielle pour observer les rivières

C’est la piste explorée par une équipe de recherche sur deux cours d’eau de l’Eurométropole de Strasbourg : le Steingiessen et la Bruche.

L’objectif : associer caméras et intelligence artificielle pour détecter automatiquement les déchets flottants et envisager, à terme, un suivi continu, de jour comme de nuit. Sur le Steingiessen, deux caméras ont ainsi permis de constituer un jeu de données de plusieurs milliers d’images destiné à l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle.

Mais détecter une bouteille ou un sac plastique sur une rivière n’est qu’une partie du problème. Comment s’assurer que l’intelligence artificielle reconnaît réellement un déchet qu’elle n’a encore jamais rencontré ? Un modèle développé sur une rivière peut-il fonctionner sur une autre, dans un environnement différent ?

De la détection à un observatoire des déchets flottants ?

Ces questions sont au cœur de l’InSitu n°48. Les chercheurs y présentent leur protocole, les modèles d’apprentissage profond testés et les précautions méthodologiques nécessaires pour évaluer leurs performances dans des conditions proches du terrain.

Les premiers travaux ouvrent également une perspective plus large : celle de stations autonomes dotées d’une intelligence artificielle embarquée et, à terme, d’un observatoire des flux de déchets flottants à l’échelle du Bas-Rhin.

Comment les modèles ont-ils été entraînés ? Quels biais peuvent fausser leurs performances ? Et surtout, une IA entraînée sur le Steingiessen peut-elle reconnaître les déchets de la Bruche ?

→ Découvrez la méthode et les résultats dans l’InSitu n°48 : L’intelligence artificielle pour suivre les macro-déchets en rivière, une solution généralisable ?

Article complet et auteurs

Pour télécharger l’article complet : InSitu n°48- Plastigiessen

Découvrez le groupe Eau et durabilité

 Gauthier Grimmer, UMR LIVE 7362 CNRS / Faculté de géographie de Strasbourg (g.grimmer@unistra.fr)

 Romain Wenger, CESBIO-CNES/CNRS/INRAE/IRD / Université de Toulouse (romain.wenger@utoulouse.fr)

 Valentin Chardon, UMR LIVE 7362 CNRS / Faculté de géographie de Strasbourg
(valentin.chardon@live-cnrs.unistra.fr )

InSitu N°47 – Chaleur urbaine à Strasbourg : et si tout se jouait à l’échelle de la rue ?

Les épisodes de chaleur urbaine à Strasbourg deviennent plus fréquents et plus intenses.
À Strasbourg, comme dans de nombreuses métropoles, ces phénomènes posent des enjeux croissants en matière de santé et d’aménagement.

Mais une question demeure : mesure-t-on la chaleur à la bonne échelle ?

Des outils encore trop globaux

Les analyses de la chaleur urbaine reposent généralement sur des découpages larges : quartiers, îlots, grandes unités morphologiques.

Ces approches permettent de dégager des tendances, mais elles peinent à rendre compte d’une réalité bien connue des habitants : la sensation de chaleur peut varier fortement d’une rue à l’autre.

Observer la ville autrement

L’étude présentée dans l’InSitu n°47 propose de changer de focale.

Plutôt que d’observer la ville à grande échelle, elle s’intéresse aux conditions thermiques telles qu’elles sont vécues au niveau de la rue, en intégrant des paramètres comme la végétation, la morphologie du bâti ou encore l’exposition au soleil

Cette approche conduit à la construction d’un indicateur spécifique, le STE index, permettant de qualifier l’exposition thermique des rues.

Des contrastes de chaleur urbaine à Strasbourg

Ce travail met en évidence une réalité souvent invisible à grande échelle :
l’existence de contrastes thermiques très marqués sur de courtes distances.

Certaines rues apparaissent nettement plus exposées, tandis que d’autres offrent des conditions plus favorables, parfois à proximité immédiate.

Un outil pour agir face à la chaleur urbaine

En proposant une lecture plus fine de la ville, cette approche ouvre des perspectives concrètes pour :

  • l’aménagement urbain
  • les stratégies de végétalisation
  • ou encore la prise en compte du confort des usagers

Elle contribue ainsi à rapprocher analyse scientifique et action opérationnelle.

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Pour télécharger l’article complet : InSitu n°47 – STE Index

Découvrez le groupe Occupation des sols

Bressant Clément, UMR LIVE 7362 CNRS / Université de Strasbourg
(clement.bressant@live-cnrs.unistra.fr)
Puissant Anne, UMR LIVE 7362 CNRS / Université de Strasbourg (anne.puissant@live-cnrs.unistra.fr)

InSitu n°46 – Peut-on nourrir une métropole à partir de son propre territoire ?

L’agriculture urbaine à Strasbourg soulève une question centrale : le territoire peut-il nourrir durablement ses habitants ?

En croisant données de consommation, surfaces agricoles disponibles et régimes alimentaires, l’étude met en lumière l’écart entre ce que le territoire produit aujourd’hui et les besoins alimentaires de ses habitants. Elle montre notamment jusqu’où il faudrait aller pour nourrir Strasbourg selon différents scénarios, du régime carné au régime végétarien.

L’article explore également un angle souvent invisible dans les statistiques : l’autoproduction alimentaire. Jardins familiaux, partagés et potagers privés constituent un potentiel nourricier réel, encore largement sous-estimé. Grâce au projet de recherche participative Recolte, des citoyens-jardiniers contribuent à documenter ces productions et à enrichir la connaissance du système alimentaire local.

Entre enjeux de relocalisation, souveraineté alimentaire et transition écologique, cet article apporte des clés concrètes pour penser l’alimentation à l’échelle territoriale et collective.

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Pour télécharger l’article complet : InSitu n°46 – Mieux connaître le système agricole territorial
de l’Eurométropole de Strasbourg : simulation et comptabilité citoyenne

Découvrez le groupe Alimentation et déchets

Sandrine Glatron, LINCS, UMR 7069 CNRS / Université de Strasbourg (sandrine.glatron@misha.fr)
Isabelle Charpentier, ICUBE, UMR 7357 CNRS / Université de Strasbourg (icharpentier@unistra.fr)

InSitu n°45 – Strasbourg la nuit : quand la lumière façonne la biodiversité

Et si l’éclairage urbain modifiait bien plus que nos paysages nocturnes ?
Cet article explore l’impact de la pollution lumineuse et de la végétation urbaine sur l’activité des chauves-souris à Strasbourg.

Basée sur près de 4 000 heures d’enregistrements acoustiques nocturnes, cette étude montre que toutes les chauves-souris ne réagissent pas de la même manière à la lumière artificielle. Certaines espèces évitent les zones éclairées, tandis que d’autres y sont attirées… mais seulement dans des contextes bien précis, notamment à proximité d’espaces fortement végétalisés.

Les résultats mettent en évidence :

  • le rôle clé de l’intensité et du spectre lumineux,
  • l’importance de la hauteur et de la continuité de la végétation,
  • et les effets parfois contre-intuitifs de la modernisation de l’éclairage urbain, notamment avec les LED à lumière bleue.

Au-delà du constat scientifique, l’article ouvre des pistes concrètes pour repenser la gestion de l’éclairage et des espaces verts, afin de préserver la biodiversité nocturne tout en conciliant les usages urbains.

Un éclairage précieux sur les liens entre aménagement urbain, politiques publiques et vivant nocturne.

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Pour télécharger l’article complet : InSitu n°45 — “Strasbourg la nuit : comment l’éclairage urbain et la végétation influencent-ils les chauves-souris ? »

Découvrez le groupe Nature en ville

Annaïs Baumann, Laboratoire Image Ville Environnement (LIVE), CNRS UMR 7362, Université de Strasbourg – Biotope, 13 Rte du Général de Gaulle, 67300 Schiltigheim, Grand Est, France (annais.baumann@etu.unistra.fr)

Alejandro Sotillo, Laboratoire Image Ville Environnement (LIVE), CNRS UMR 7362, Université de Strasbourg (alejandro.sotillo@live-cnrs.unistra.fr)

François Chiron, Laboratoire Image Ville Environnement (LIVE), CNRS UMR 7362, Université de Strasbourg (francois.chiron@live-cnrs.unistra.fr)

InSitu n°44 – Des polluants organiques dans l’air de l’Eurométropole de Strasbourg ? Quelques pistes

Et si ce que nous respirons en ville était plus complexe qu’il n’y paraît ?

À Strasbourg, cette question n’est plus seulement une inquiétude diffuse : c’est un véritable sujet d’étude scientifique. Pendant un an, une équipe de chercheurs a surveillé silencieusement l’air de l’Eurométropole… et leurs conclusions pourraient bien changer notre façon de voir ce que nous respirons au quotidien.

Nous parlons souvent des NOx, des PM10 ou de l’ozone. Mais l’air urbain recèle d’autres molécules, moins connues du grand public : HAP, PCBs, pesticides organochlorés…
Des polluants organiques discrets, parfois très persistants, que l’on ne mesure pas toujours et dont l’origine est aussi variée que nos activités : chauffage, trafic, zones industrielles, biomasse.

Pour les étudier, une méthode originale a été mise en place :
des capteurs passifs installés dans quatre écoles de l’Eurométropole, exposés tous les 14 jours, capables d’absorber silencieusement les molécules en suspension.
Un dispositif à la fois simple, économique et non-intrusif, mais incroyablement révélateur.

Pourquoi cette étude nous concerne tous

Parce que ces polluants, même présents à faibles concentrations, peuvent :

  • voyager loin et longtemps dans l’atmosphère,
  • provenir de multiples sources du quotidien (chauffage, trafic…),
  • impacter la qualité de l’air près de zones habitées,
  • varier fortement selon les saisons.

Cette première cartographie fine de la pollution organique dans l’air urbain offre une base solide pour comprendre, anticiper, et mieux cibler les futures actions de surveillance.

Article complet et auteurs

Pour télécharger l’article complet : InSitu n°44 — “Des polluants organiques dans l’air de l’Eurométropole de Strasbourg ? Quelques pistes.”

Découvrez le groupe Energies, pollution de l’air, climat

Maurice Millet, Institut de Chimie et Procédés pour l’Energie l’Environnement et la Santé ICPEES, UMR 7515 CNRS / Université de Strasbourg (mmillet@unistra.fr)

Maylis Dijoux, Master 2 Sciences analytiques Université de Strasbourg (mdijoux@unistra.fr)